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Sustainable Heritage in Ethiopia
Sustainable Heritage in Ethiopia
À la suite du projet Sustainable Lalibela, le projet Sustainable Heritage in Ethiopia est un projet de recherche-action interdisciplinaire franco-éthiopien, cofinancé par l'Agence française de développement (AFD) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il vise à développer les connaissances et les compétences nécessaires à la conservation et à la valorisation du patrimoine en Éthiopie, en s'appuyant sur les besoins de restauration et de préservation de plusieurs sites situés dans la région Amhara, la région du Tigré et à Addis-Abeba.
Gosa Bulo
Gosa Bulo
Je m’appelle Gosa Bulo. Je suis archéologue et enseignant-chercheur, spécialisé en archéologie médiévale, avec une expérience en prospection archéologique, fouilles, documentation et gestion du patrimoine. J’ai obtenu un master à l’Université d’Addis-Abeba avec un mémoire intitulé : « Inventaire des sites médiévaux d’Addis-Abeba et de ses environs ».
Jean-Baptiste Eczet
Jean-Baptiste Eczet est anthropologue et maître de conférences à l'EHESS. Spécialiste des sociétés pastorales d'Éthiopie, il étudie les relations entre humains, animaux et environnement, ainsi que les dimensions esthétiques, sociales et politiques des cultures matérielles.
Iwona Gajda
Iwona Gajda
Iwona Gajda, directrice de recherche au CNRS, est spécialiste en épigraphie sudarabique et en histoire de l’Arabie du Sud ancienne. Depuis 2010 elle a élargi son champ de recherche à la civilisation de l’Éthiopie ancienne. Pendant plusieurs années elle a assuré des conférences consacrées à l’épigraphie et l’histoire sudarabique à l’École Pratique des Hautes Études et à l’École du Louvre. Elle a participé à plusieurs missions de terrain au Yémen, puis en Éthiopie. Entre 2010 et 2020, puis depuis 2024, elle a dirigé une mission archéologique en Éthiopie, dans la région du Tigray, sur le site de Wakarida et dans la région de Wolwalo, depuis 2015 en collaboration avec Anne Benoist.
Anne Benoist
Anne Benoist
Anne Benoist, Chargée de recherches au CNRS, est archéologue spécialisée sur les cultures du premier millénaire av J.-C. dans les régions d'Arabie du Sud-Est et d'Arabie du sud, avec une orientation plus marquée vers les productions céramiques. Depuis 2025 elle a repris des travaux de recherche dans l'oasis d'al Ain (Emirat d'Abu Dhabi), sur le site de Rumeilah. En 2012, elle a rejoint la Mission Archéologique Française dans le Tigray oriental, pour travailler sur la chronologie locale à partir de l'étude des productions céramiques, et co-dirige la Mission Archéologique dans le Tigray Oriental depuis 2015. Elle participe également depuis 2017 aux travaux des Missions Archéologiques de Muweis et el Hassa au Soudan.
Seble Fekadu Deyaso
Seble Fekadu Deyaso est doctorante en études du développement à la Ruhr University Bochum. Sociologue de formation, ses recherches portent sur les dynamiques urbaines en Éthiopie, notamment la gouvernance des périphéries, les déplacements de population, le relogement et les politiques du logement.
Héloïse Mercier
Héloïse Mercier est doctorante en histoire à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses recherches portent sur l'historiographie, les mémoires et les traditions écrites de Harar (Éthiopie orientale) entre le XVIIIᵉ et le XXᵉ siècle, ainsi que sur les manuscrits islamiques de la Corne de l'Afrique.
Fana Gebresenbet
Fana Gebresenbet est chercheur et maître de conférences à l'Institute for Peace and Security Studies de l'Université d'Addis-Abeba. Ses recherches portent sur l'économie politique, les politiques de développement, les questions de sécurité, le pastoralisme et les migrations en Éthiopie et dans la Corne de l'Afrique.
Anne-Lise Goujon
Anne-Lise Goujon
Anne-Lise Goujon est archéologue. Elle conduit des recherches sur les sociétés médiévales de la Corne de l'Afrique à partir de l'étude des pratiques mégalithiques et des traditions céramiques. Elle codirige depuis 2018 la mission archéologique franco-éthiopienne Abaya, dédiée au paysage mégalithique de l’Éthiopie méridionale.
Getaneh Wudeneh Chemeda
Getaneh Wudeneh Chemeda est doctorant en sciences sociales à l'EHESS. Sa thèse s'intitule provisoirement « La socio-géographie des militants oromos des régions d'Ambo ».
InterMedÉ – Interactions en Ethiopie médiévale : l’Ifât comme observatoire des relations entre musulmans, chrétiens et non-monothéistes
InterMedÉ – Interactions en Ethiopie médiévale : l’Ifât comme observatoire des relations entre musulmans, chrétiens et non-monothéistes
Le projet InterMedÉ a pour ambition d’étudier les relations intercommunautaires et interreligieuses dans la Corne de l’Afrique à la fin de l’époque médiévale (XIIIe-XVIe siècles), en réunissant des historien.ne.s et archéologues spécialistes des populations musulmanes, chrétiennes et non-monothéistes. Longtemps étudiées séparément, ces populations partageaient pourtant une communauté de culture, cohabitaient au sein de mêmes territoires, se convertissaient d’une religion à l’autre, échangeaient économiquement, diplomatiquement, maritalement. Le projet vise à mettre en lumière non pas les spécificités propres à chaque population, mais plutôt leurs interactions, leurs traits culturels communs et leurs échanges, afin de concevoir dans une approche holistique, collective et pluridisciplinaire, l’histoire régionale comme un tout pluriel. Cette démarche est rendue aujourd’hui possible grâce au renouveau de ces vingt dernières années des connaissances sur le royaume chrétien et les territoires islamiques, mais aussi les sociétés non-monothéistes de la Corne de l’Afrique au Moyen-Âge. Le lieu d’observation principal de ces interactions sera la région de l’Ifât, sous autorité non-monothéiste (avant le XIIIe s.), puis islamique (XIIIe-XIVe s.) et enfin chrétienne (XVe-XVIe s.), qui reste tout au long de la période peuplée de musulmans, de chrétiens et de non-monothéistes. Ses grandes cités marchandes, telles que Genbadelo, sont le point de rupture de charge des caravanes reliant le royaume chrétien des hauts-plateaux aux côtes de la mer Rouge : c’est là que s’échangent les ressources de l’arrière-pays (or, ivoire, esclave, etc.) et les biens venus du monde islamique (tissus, parures, etc.). Outre son histoire singulière, la diversité des sources textuelles (en arabe et en guèze, endogènes et exogènes) et archéologiques (dont ses grands sites urbains et funéraires : Nora, Asbäri, Beri-Ifât et Mässal) en font la zone la plus propice pour analyser ces interactions.
Zaylaʿ : étude archéologique d’un port majeur de la Corne de l’Afrique médiévale
Zaylaʿ : étude archéologique d’un port majeur de la Corne de l’Afrique médiévale
Zaylaʿ, port principal de la Corne de l’Afrique septentrionale lors du second Moyen Âge (XIIIe-XVIe siècles) situé au sud du Bab al-Mandab (Somaliland actuel) n’a jusqu’à présent fait l’objet que d’investigations archéologiques limitées. Parallèlement à une étude à nouveaux frais des sources textuelles disponibles, ce projet entend faire progresser la connaissance du site à travers des fouilles et prospections archéologiques ciblées, sur l’établissement actuel et sur l’île voisine de Saad al-Din. Il participe à l’essor récent de l’archéologie islamique dans cette région de la Corne et s’appuie sur une première campagne réalisée sur le site en décembre 2024. Quatre volets principaux sont envisagés, répondant aux priorités scientifiques et aux demandes d’intervention exprimées par les ministères somalilandais du Commerce et du Tourisme, et du Culte. Le premier volet porte sur l’étude de la Mosquée aux deux qibla-s (masjid al-Qiblatayn), l’une des mosquées historiques de la ville considérée localement comme l’une des plus anciennes mosquées d’Afrique en raison de ses deux mihrab-s divergents. Le second volet porte sur les enceintes successives de la ville. Le troisième volet porte sur l’exploration de l’île de Saad al-Din, île aujourd’hui désertée mais qui accueille vraisemblablement la sépulture du sultan éponyme, dernier souverain musulman d’Ifat tué à Zaylaʿ en 1408. Le projet revêt également un enjeu patrimonial dans la mesure où le site a récemment souffert d’importants épisodes de destruction depuis le tsunami de 2004, et qu’il est désormais menacé par les projets d’aménagement. Le projet intègre également, en partenariat avec l’antenne d’Expertise France à Hargeisa, un volet formation (archéologie, muséographie, conservation) à destination des équipes du MCT et du Musée national du Somaliland.
SHAWA – mission archéologique sur les occupations médiévales dans le bassin supérieur de l’Awaš (Éthiopie)
SHAWA – mission archéologique sur les occupations médiévales dans le bassin supérieur de l’Awaš (Éthiopie)
Le bassin supérieur de l’Awaš, situé au sud des hauts plateaux centraux éthiopiens, appartient à la région historique du Šäwa. Occupée par des sociétés musulmanes ou non monothéistes au début du Moyen Âge, cette région devient, aux XIVe-XVe siècles, le centre politique et religieux du royaume chrétien, dont le fleuve Awaš semble marquer la limite méridionale maximale. Cette position confère à ce territoire une place singulière dans l’histoire de l’Éthiopie médiévale. Malgré son riche patrimoine rupestre, le bassin supérieur de l’Awaš demeure peu étudié. Longtemps interprétés comme les témoins de la conquête chrétienne, ces sites rupestres ont fait l’objet, grâce aux recherches menées entre 2020 et 2022, d’une nouvelle évaluation. Les données architecturales et l'étude préliminaire des tessons céramiques récoltés au cours des prospections suggèrent l'existence d'une succession d’occupations. Les indices disponibles conduisent à envisager un premier usage des sites par des groupes non monothéistes entre les VIIIe et XIVe siècles, suivi d'une transformation et/ou d'une réappropriation de certains sites après les conquêtes chrétiennes. À travers l’analyse des preuves matérielles, vestiges et artefacts associés, cette étude vise ainsi à comprendre les dynamiques d’occupation de ce territoire en questionnant la diversité des groupes sociétaux ainsi que leurs adaptations et évolutions. Pour répondre aux objectifs du projet, des approches méthodologiques pluridisciplinaires et complémentaires, faisant appel à l’archéologie, à la géoarchéologie et aux analyses spatiales, sont adoptées.
Pagens – Parcours, âges, générations dans les pays du Nord et du Sud
Pagens – Parcours, âges, générations dans les pays du Nord et du Sud
L'histoire commence en 2023 avec la création du réseau APASUN, qui a réuni plusieurs partenaires ayant commencé à travailler ensemble sur les questions liées à l'âge et aux changements au cours de la vie. Soutenu par le programme Actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA), le projet PAGENS étudiera comment les catégories d'âge et les trajectoires de vie sont façonnées par les dynamiques sociales, économiques et culturelles en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud. Alors que la plupart des recherches menées jusqu’à présent se sont concentrées sur les pays du Nord, les chercheurs collaboreront avec des partenaires issus de 10 pays et s’appuieront sur l’anthropologie, la sociologie, la psychologie, l’histoire et des méthodes visuelles participatives. Le projet PAGENS est à la pointe de la recherche sur le parcours de vie, alliant approches interdisciplinaires et comparaisons internationales. Il vise à mieux comprendre comment les catégories d’âge et les parcours individuels sont façonnés par les transformations socio-économiques, démographiques et culturelles, tant en Europe qu’en Afrique et en Amérique du Sud. Le projet repose intégralement sur des mobilités, qui peuvent prendre la forme de terrains de recherche, de formations ou d’activités d’écriture collective. Plus de 350 mobilités sont planifiés entre 2026 et 2029. Les chercheurs et experts seront accueillis au sein d’établissements académiques (universités, instituts de recherche), d’associations (médiation par la recherche) ou de structures privées (cabinets de conseil). Pour l’année 2026, 51 mobilités devraient être réalisées dans 8 pays au Nord et au Sud.
ALIPH - Heritage Conservation and Post-Conflict Rehabilitation in Tigray, Northern Ethiopia
ALIPH - Heritage Conservation and Post-Conflict Rehabilitation in Tigray, Northern Ethiopia
Le fonds d’urgence (Aliph Emergency Fund) pour la sauvegarde du patrimoine et la reconstruction post-conflit au Tigray, dans le nord de l’Éthiopie, a pour objectif d’instaurer une protection temporaire ou durable sur une sélection de sites archéologiques et patrimoniaux. Ce soutien fait suite aux attaques, délibérées ou accidentelles, sur les vestiges matériels, les sites et les institutions du patrimoine lors du conflit armé dans la région du Tigray entre 2020 et 2022. Depuis l'accord de paix du 3 novembre 2022, la reprise des échanges entre les différents acteurs du patrimoine au Tigray a permis de rassembler plusieurs rapports sur les dommages causés aux sites patrimoniaux. Ces évaluations ont principalement reposé sur des observations préliminaires. Elles ont néanmoins mis en évidence des pillages causant une importante dégradation et une détérioration active des sites. En réponse à cette situation, le Centre Français des Études Éthiopiennes, avec le soutien de l'ambassade de France et en coordination avec l'Ethiopian Heritage Authority, a mis en œuvre les premières mesures de protection : construction ou réparation d’abris sur des sites archéologiques, tentative de sauvegarde d’une collection archéologique, réhabilitation de musées et aide aux organismes gouvernementaux à mener à bien l'évaluation des dégâts.
Wakarida - Mission Archéologique Française dans le Tigray oriental, région de Wakarida et de Wolwolo
Wakarida - Mission Archéologique Française dans le Tigray oriental, région de Wakarida et de Wolwolo
Le projet a pour objectif d’étudier l’évolution du peuplement, son impact sur le milieu naturel, l’urbanisation du pays et différents processus qui ont contribué à sa structuration politique (formation des royaumes de Daʿamat et d’Aksum). Ce programme a débuté par des fouilles sur le site de Wakarida et des prospections dans sa région menées entre 2011 et 2015. Les prospections ont abouti à une cartographie de plus de 300 sites. Les recherches archéologiques sont combinées à une prospection environnementale destinée à étudier l’évolution des paysages et l’occupation de nouveaux territoires agricoles. Un premier bilan nous a conduits à nous interroger sur les relations entre la région de Wakarida et le plateau du Tigray. Pour approfondir cette question, nos travaux ont été élargis dès 2017 à la région de Wolwalo, à l’est de Wakarida, plus proche de l’intérieur du pays, des centres de pouvoir antiques, ainsi que des principales voies commerciales. Des prospections sondages menés dans la région de Wolwalo en 2018 et 2020 ont révélé un terrain de recherches prometteur, avec plusieurs sites datant de différentes époques, qui pourraient nous éclairer sur l’évolution du peuplement aux périodes immédiatement antérieures et postérieures au site de Wakarida, sur l’essor et le déclin des civilisations anciennes, pré-aksumite et aksumite dans cette région.